Quels codes et attitudes ?

S.I.G.L.E.S.


Pour faire passer ses messages, Tupac utilisait des codes renfermant plusieurs significations. Certains d'entre eux, par malice, sont devenus des sigles abréviatifs pour éviter la censure. Voici une liste des principaux sigles que vous avez peut-être déjà aperçus sans en comprendre le sens.

N.I.G.G.A.: Le terme "nigga" dérive du terme raciste "nigger", signifiant "nègre", utilisé couramment par les Américains blancs de l'époque de l'esclavagisme jusqu'à celle du mouvement des droits civiques, en passant par la ségrégation. "Nigga" correspond donc à un argot afro-américain (l'argot français correspondant serait "négro"), repris par 2pac pour former N.ever I.gnorant G.etting G.oals A.ccomplished, autrement dit, "toujours conscients du devoir d'accomplir nos objectifs".

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T.H.U.G. L.I.F.E. : la "Thug Life" (littéralement la "vie de voyou") désigne le style de vie des jeunes dans la précarité qui ont choisi de vivre d'actes délinquants, plutôt que de mourir. Cette précision exclut tout bandit qui n'a pas agi par nécessité, de la définition du courant inventé par 2pac. Ce code tatoué sur son ventre l'a tellement représenté qu'il en a fait un sigle signifiant : Tout le monde paiera la haine que vous avez transmise à nos enfants (traduction C.S.).


Selon une interview de 1995 alors qu'il était en prison, on découvre que sa façon de considérer le pouvoir ressemblait plutôt à cela : les États-Unis d'Amérique seraient bâtis sur une configuration mafieuse, et la CIA, le FBI, etc..., formeraient une agglomération de gangs. Il répondait par ailleurs aux journalistes qui l'accusaient d'être en partie responsable de la prolifération des gangs, que ces derniers n'étaient pas issus des ghettos, mais que c'est plutôt le pouvoir qui aurait, avant tout, montré "l'exemple". Il n'en avait pas pour autant une image négative, du moment qu'un "gang" dans le ghetto serait parvenu à se structurer pour devenir productif au lieu de destructif. De même pour la vente de la drogue dans un quartier si elle s'avère profiter à ce même quartier et non à des individus.

Dans Tupac Resurrection, on apprend que ceci se serait fait en instituant "un code d'honneur", empêchant des innocents de payer pour des activités dont ils sont éloignés, rappelant que les premières victimes de la délinquance dans les quartiers défavorisés américains sont noirs, mais qu'à la différence des blancs, ne sont pas protégés selon 2pac.

M.O.B. : Money Over Bitches, ce qui signifie l'argent avant les filles. En d'autres termes, Tupac essaie de focaliser ses "frères" sur l'argent plutôt que sur ce qui est selon lui volatil et source de problème : les filles faciles (ici littéralement les putes). Tupac voulait encourager les "siens" à acquérir un maximum de pouvoir par l'argent, pour pouvoir peser dans les décisions de la société, et ainsi être écouté. M.O.B. était également tatoué sur son corps, et a donné lieu à une chanson posthume: M.O.B., sur l'album Until The End Of Time.

Killuminati : interrogé quelques semaines avant sa mort sur le titre de son dernier album The Don Killuminati, Tupac a évoqué les Illuminatis, ce qui génère actuellement de nombreuses incompréhensions sur la toile concernant l'idée que Tupac se faisait de la thèse qui défend la croyance de l'existence d'un plan secret de domination du Monde par cette société de pensée. Si l'on en croit l'interview audio qui suit (C.S.), en mettant un "K" devant pour créer "Kill", ce qui veut dire "tuer", 2pac cherchait non pas à se débarrasser des Illuminatis eux-mêmes comme beaucoup le suggèrent, mais de l'idée de leur existence dans les milieux qui lui étaient proches. La croyance en de tels complots, selon lui, sert en réalité le pouvoir, puisqu'il déculpe son pouvoir réel par la surestimation que s'en font les gens qui y croient. Comme dans la dissuasion nucléaire, ou au poker, ce qui compte n'est pas seulement les cartes ou les bombes que l'on a réellement entre les mains, mais surtout ce que les autres pensent que l'on possède !


 

Chouette, nous savons maintenant décrypter tous ces codes que l'on voit souvent sans trop y faire attention, mais ce n'est pas tout ! Nous allons aussi
Apprendre à identifier ses expressions

Dans l'introduction de Call It What You Want, chanson du groupe légendaire Above The Law, notamment célèbre pour Black Superman, le groupe aux côtés de Tupac sur ce titre, ironise sur le "complot", par les phrases suivantes dont l'interprétation peut diverger :
"You've now entered the quest to, the black triangle
Now you know the reason for the Black Mafia theory, hahaha
Yes it has many meanings, but no matter how you define it
it still comes out black
See it's just a hair trim
So you can call it what you want
"
Détails sur la définition par Tupac dans la 1ère vidéo de la page en lien.
Tupac évoque son passage en prison dans le documentaire américain réalisé par Lauren Lazin, produit par Amaru Entertainment et MTV Films Tupac Resurrection (2003).
Beaucoup de ces sigles se retrouvent tatoués sur l'artiste. C'est pourquoi il vous est proposé, en cliquant sur la photo, d'écouter une version live de Tattoo Tears, (tatouage en forme de larme porté par ceux qui ont perdu un être cher), présent sur Still I Rise. Et comment parler de larmes sans parler de So many tears (contient un "sample" de Stevie Wonder, That Girl), une des chansons phares de l'album Me Against The World.